Chapitre II

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Chapitre II

Message par OraNN le Mer 26 Juil - 14:04

Chapitre II

La caravane de Carsius était arrivée sans encombre en vue de Balmora. Les rayons du soleil n’avaient pas encore percé l’horizon lorsqu’ils entrèrent sur la place principale de la ville Hlaalu. Les commerces venaient de s’ouvrir et les habitants les plus matinaux contribuaient à l’éveil énergique de la cité.

« - En voilà une que je n’avais pas vu depuis longtemps, s’exclama Jiub.
- Oui, répondit Tylis. Mais Balmora ne semble pas avoir changé pour autant.
- Tant mieux, comme ça nous serons moins dépaysé, reprit Jiub. Si je ne me trompe pas, je connais une bonne taverne de l’autre côté de fleuve : « Le cercle du mur du sud ». Elle ne devrait pas avoir changé non plus. Pourvu que la bière que l’on y sert soit toujours aussi bonne ! »

Tylis sourit face à l’entrain de son compagnon de cale et de caravane. Mais depuis quelques jours, ses sourires étaient inquiets. Il ne parvenait pas à faire abstraction de l’appel qu’il avait ressenti l’autre nuit, près de Pélagiad. Il savait qu’il devait faire quelque chose, mais il ne savait pas comment le faire.

« - A quoi penses-tu Tylis, demanda Jiub ?
- Je pense qu’une bonne pinte me ferait du bien.
- Alors déchargeons vite les chariots et nous pourrons nous reposer un peu au cercle du mur du Sud, s’exclama Jiub dont l’humeur était au beau fixe. »

Le déchargement dura toute la matinée puis les employés de Carsius purent prendre un peu de repos. Jiub, Tylis et Yanak déambulèrent tranquillement dans les rues de la ville, passèrent l’un des grands ponts de la cité et entrèrent dans la taverne du cercle du mur du Sud. La rumeur disait que cette taverne était l’un des repères de la guilde des voleurs. Les habitants de Balmora n’étaient pas bien sûr que cette guilde existe, mais beaucoup prétendaient que les voleurs étaient dirigés par un grand maître. Cependant, cela restait une rumeur à laquelle peu de personnes accordaient du crédit. Ils poussèrent la porte et descendirent les marches menant au sous-sol.

Une obscurité ambiante régnait dans la pièce commune. Dès la fin de la matinée, les individus avaient investi les auberges et tavernes. Tylis constata qu’une grande diversité d’individus occupait déjà les tables et le comptoir : Des kajiits, des argoniens, des rougegardes et quelques nordiques. Telle était la grande diversité de Vardenfell. Les trois compères s’installèrent autour d’une table proche de la cheminée et commandèrent trois pintes et un peu de pain et de viande.

« - Et bien, entama Yanak, on peut dire que ce Carsius Closus a un sacré caractère. Il sait ce qu’il veut et est déterminé à l’obtenir. [Il s’arrêta un instant, songeur, et repris] C’est un gars qui me plaît bien. Je pense que je vais continuer avec lui.
- Il est effectivement rusé et bien organisé, continua Jiub. Il a indéniablement la carrure d’un chef. Mais je pense surtout qu’il a la fibre d’un véritable homme d’affaire. Son entreprise de transport de marchandises est une idée géniale. Je pense bien que je vais rester encore avec lui pour le moment, déclara-t-il. Et toi Tylis ?
- Comment, demanda l’intéressé qui paraissait songeur ?
- Dis donc bosmer, soit un peu avec nous, s’indigna Yanak ! On dirait que tu es à l’autre bout de l’île.
- Tu ne crois pas si bien dire murmura Tylis pour lui-même. Vous disiez ?
- Penses-tu que tu vas rester aux côtés de Carsius, répéta Jiub ?
- Je ne sais pas vraiment, commença-t-il, peut-être que… Mais au même moment son regard se fixa sur le fond de la salle et il s’arrêta net.
- Peut-être que quoi, demanda impatient Yanak ? »

Tylis détourna son regard, regarda son compagnon et lui dit en souriant :
« - Peut-être vais-je prendre un peu de repos avec les quelques sous que Carsius m’a donné. Je vous rejoindrai sans doute plus tard (ou peut-être pas se dit-il en lui-même). Je crois que j’ai besoin d’aller voir ce qu’il reste de mon ancienne vie.
- Sacré bosmer, dit Yanak en rigolant. J’étais sûr que tu étais un sentimental.
- Dois-je le prendre comme un compliment, demanda Tylis en souriant ?
- Prends le comme tu voudras, répliqua Jiub, mais tu vas nous manquer avec tes airs de seigneur mystérieux."

Tylis et Yanak éclatèrent de rire pendant que Jiub finissait sa pinte. Mais au fond de la salle, là où le bosmer avait regardé quelques instants auparavant, un individu encapuchonné venait de se lever et se dirigeait vers la sortie de la taverne. Juste avant de franchir le pas de la porte, il se retourna vers les trois employés de Carsius et l’espace d’un instant, ses yeux semblèrent briller. Puis il s’éclipsa comme s’il n’avait été qu’une illusion. Tylis sourit pour lui-même… On ne l’avait pas oublié.


* * *

Le cavalier avait dépassé Vivec au début de la semaine et se dirigeait maintenant vers Coeurébène. Il était sale, fatigué et paraissait effrayé. Son cheval boitait d’un antérieur et semblait très abîmé. Il était près de midi et le soleil tapait durement en cette fin d’été. L’après-midi fut longue et le prêtre dissident se dissimula régulièrement à l’approche des voyageurs ou des gardes impériaux qui patrouillaient dans la région. Il se savait recherché et ne souhaitait pas donner de piste à ses adversaires. Il avait déjà bien faillit être démasqué à Pélagiad, à l’auberge de Mi-Chemin où il s’était arrêté pour s’approvisionner un peu. Quelques gardes du fort, qui s’y trouvaient aussi, avaient parlé du Ministère de la Vérité. Le grand Inquisiteur en personne avait pris en main une affaire concernant la trahison d’un prêtre dissident qui semblait avoir disparu dans la nature. Dix des plus dangereux Inquisiteurs du Ministère avaient quitté Vivec il y a deux jours en direction de Maar Gan. Un avis de recherche avait été lancé.


Edryn Milo [c’est ainsi qu’il se nommait], était alors parti sans attendre. Il devait se rendre au plus vite à Coeurébène pour y embarquer secrètement vers le lieu où était en train de se bâtir le monastère secret. Gilvas Barélo avait été choisi pour diriger cette opération. De tous les dissidents, il paraissait être le plus sage et le plus écouté. Il devait lui ramener à tout prix les informations qu’il détenait. Seul le collège dissident dirigé par Barélo pourrait décider de la conduite à tenir compte tenu de ces nouveaux éléments.

Il arriva enfin sur la butte qui dominait la cité où résidait le représentant de l’empereur de Cyrodiil. L’Empire avait en effet profité du conflit qui régnait entre les grandes maisons Dunmer qui gouvernaient Morrowind pour envahir leurs terres. Des six maisons qui existaient avant la guerre, seules trois participaient toujours, sous les ordres du représentant de l’empereur, au gouvernement de Vardenfell. Edryn Milo s’arrêta et regarda longuement la cité. Il allait lui falloir redoubler de ruse pour passer inaperçu jusqu’aux quais. Surtout dans l’état dans lequel il se trouvait… Cette idée le fit sourire. La situation était cocasse bien que désespérée. Il inspira un grand coup puis fit avancer sa pauvre monture. En voilà une qu’il ne remercierait jamais assez…



Il arriva enfin à proximité de la grande porte. Elle était bien gardée mais aucun autre passage n’était envisageable. Le dissident descendit de son cheval et le mena par la bride. Il fit tout son possible pour paraître le plus à l’aise possible lorsque l’un des deux gardes l’interpella :

« - Halte ! Qui êtes-vous, d’où venez-vous et que venez-vous faire à Coeurébène ?
- Eh bien, je ne savais pas qu’il fallait subir un interrogatoire avant d’entrer en ville, répliqua ironiquement le prêtre. Coeurébène aurait-elle perdu de son hospitalité ?
- Nous avons reçu l’ordre d’interroger tous les voyageurs entrant dans la cité, répondit sèchement le garde. Vous ne faites pas exception.
- Très bien. Je m’appelle Tumnus Grécor [Edryn avait eu tout juste le temps de se faire une identité]. Je suis érudit et je viens mettre mon savoir au service de la Compagnie de l’Empire Oriental. Je viens de faire un long trajet depuis Suran et il se trouve que mon cheval s’est foulé un antérieur. Moi-même, je suis très fatigué et j’aimerais pouvoir rencontrer mon employeur au plus vite.
- Vraiment ?»

Le garde le dévisagea longuement puis, comme de nouveaux voyageurs arrivaient, il aboya : « C’est bon, passez ! » Le dissident ne se le fit pas dire deux fois, il tira sur la bride et entra dans Coeurébène. C’est à ce moment précis qu’il les aperçut ; son sang se glaça. Trois Ordonnateurs contrôlaient toutes les personnes s’engageant vers les quais.

Celui qui semblait encadrer cette opération restait derrière ses deux acolytes et dévisageait tous les individus présents sur la place du Dragon. Lorsque le prêtre l’aperçu, il se dissimula précipitamment derrière son cheval et chercha des yeux quelque chose qui pourrait l’aider à se sortir de cette situation délicate. Il était pourtant si près du but ! Au bout d’un moment, il repéra les bureaux de la Compagnie dont il avait prétendu être le futur employé. Cette supercherie pourrait peut-être l’aider une nouvelle fois.

Il risqua un regard vers les quais et là, pour son plus grand drame, il découvrit que le chef des Ordonnateurs marchait droit sur lui. Pris de panique, il enfourcha sa monture, se redressa et la talonna vigoureusement. Cette dernière se cabra sous l’effet de la surprise en hennissant bruyamment. Puis elle se lança au grand galop à la rencontre du soldat du Temple. Ce dernier ne parut que peu surpris. Il se contenta de tirer son sabre et d’avancer à la rencontre de sa proie.

Tous les spectateurs de cette scène inattendue se retournèrent pour regarder ce qui se tramait. Le choc promettait d’être violent. Les deux acolytes avaient cessé leurs contrôles et se précipitaient pour apporter du renfort à leur maître. Ces hommes n’avaient pas peur, ils ne laissaient rien paraître de leurs émotions, ce qui fit hésiter le dissident Milo. C’est cette hésitation qui lui sauva la vie ; au moment où il tira sur la bride de son cheval, une flèche siffla à ses oreilles. Il se redressa et aperçut des archers qui prenaient place sur les toits qui entouraient la place.

Il se croyait perdu lorsqu’il vit que le bateau de pêcheurs sur lequel il devait embarquer était en train de se préparer à partir en urgence… Son contact préparait leur fuite. Tout était encore possible.

Il fit mine de se rendre, mais lorsque l’Ordonnateur lui intima l’ordre de descendre de sa monture, il la lança au grand galop vers les quais. Son adversaire fut projeté au sol par l’équidé. Il hurla une série d’ordre et ses deux acolytes refermèrent le passage sur lequel allait s’engager le prêtre. Les flèches sifflèrent à nouveau autour de lui. Le bateau était en train de larguer les amarres. Edryn Milo fit une prière à sa déesse. C’est alors que son cheval sauta par-dessus l’obstacle que constituaient les deux derniers hommes de main du Temple avec une facilité irrationnelle. Le dissident se sentit décoller dans les airs pour atterrir quelques instant après sur la selle avec une légèreté déconcertante au milieu des flèches qui ne parvenaient pas à l’atteindre. Sa monture le mena jusqu’aux quais d’où il couru plonger à l’eau pour rattraper le bateau.

Blatta Hatéria le hissa à bord pendant que le matelot déployait les voiles.

« - On peut dire que vous l’avez échappé belle, dit-elle en souriant au rescapé.
Edryn Milo, encore étourdi, regarda vers la terre sans répondre.
- Qu’est-il arrivé à votre cheval, lui demanda-t-elle après un moment de silence.
- [Milo sourit]. Je crois que la Dame lui a donné la force de me sortir de ce danger. J’espère qu’il vivra après tout ce qu’il a du enduré pour me conduire ici.
- Vous apportez des informations importantes, demanda Blatta inquiète ?
- Elles n’ont jamais été aussi graves et aussi porteuses d’espérance à la fois. Le maître doit les lire au plus vite… Il en va de l’existence de Vardenfell. »
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Re: Chapitre II

Message par tiaremoana le Mar 1 Aoû - 14:38

correction :

Chapitre II

La caravane de Carsius était arrivée sans encombre en vue de Balmora. Les rayons du soleil n’avaient pas encore percé l’horizon lorsqu’ils entrèrent sur la place principale de la ville Hlaalu. Les commerces venaient de s’ouvrir et les habitants les plus matinaux contribuaient à l’éveil énergique de la cité.

« - En voilà une que je n’avais pas vu depuis longtemps, s’exclama Jiub.
- Oui, répondit Tylis. Mais Balmora ne semble pas avoir changé pour autant.
- Tant mieux, comme ça nous serons moins dépaysé, reprit Jiub. Si je ne me trompe pas, je connais une bonne taverne de l’autre côté de fleuve : « Le cercle du mur du sud ». Elle ne devrait pas avoir changé non plus. Pourvu que la bière que l’on y sert soit toujours aussi bonne ! »

Tylis sourit face à l’entrain de son compagnon de cale et de caravane. Mais depuis quelques jours, ses sourires étaient inquiets. Il ne parvenait pas à faire abstraction de l’appel qu’il avait ressenti l’autre nuit, près de Pélagiad. Il savait qu’il devait faire quelque chose, mais il ne savait pas comment le faire.

« - A quoi penses-tu Tylis, demanda Jiub ?
- Je pense qu’une bonne pinte me ferait du bien.
- Alors déchargeons vite les chariots et nous pourrons nous reposer un peu au cercle du mur du Sud, s’exclama Jiub dont l’humeur était au beau fixe. »

Le déchargement dura toute la matinée puis les employés de Carsius purent prendre un peu de repos. Jiub, Tylis et Yanak déambulèrent tranquillement dans les rues de la ville, passèrent l’un des grands ponts de la cité et entrèrent dans la taverne du cercle du mur du Sud. La rumeur disait que cette taverne était l’un des repères de la guilde des voleurs. Les habitants de Balmora n’étaient pas bien sûr que cette guilde existe, mais beaucoup prétendaient que les voleurs étaient dirigés par un grand maître. Cependant, cela restait une rumeur à laquelle peu de personnes accordaient du crédit. Ils poussèrent la porte et descendirent les marches menant au sous-sol.

Une obscurité ambiante régnait dans la pièce commune. Dès la fin de la matinée, des clients avaient investi les auberges et tavernes. Tylis constata qu’une grande diversité d’individus occupait déjà les tables et le comptoir : Des kajiits, des argoniens, des rougegardes et quelques nordiques. Telle était la grande diversité de Vardenfell. Les trois compères s’installèrent autour d’une table proche de la cheminée et commandèrent trois pintes et un peu de pain et de viande.

« - Et bien, entama Yanak, on peut dire que ce Carsius Closus a un sacré caractère. Il sait ce qu’il veut et est déterminé à l’obtenir. [Il s’arrêta un instant, songeur, et repris] C’est un gars qui me plaît bien. Je pense que je vais continuer avec lui.
- Il est effectivement rusé et bien organisé, continua Jiub. Il a indéniablement la carrure d’un chef. Mais je pense surtout qu’il a la fibre d’un véritable homme d’affaire. Son entreprise de transport de marchandises est une idée géniale. Je pense bien que je vais rester encore avec lui pour le moment, déclara-t-il. Et toi Tylis ?
- Comment, demanda l’intéressé qui paraissait songeur ?
- Dis donc bosmer, soit un peu avec nous, s’indigna Yanak ! On dirait que tu es à l’autre bout de l’île.
- Tu ne crois pas si bien dire murmura Tylis pour lui-même. Vous disiez ?
- Penses-tu rester aux côtés de Carsius, répéta Jiub ?
- Je ne sais pas vraiment, commença-t-il, peut-être que… Mais au même moment son regard se fixa sur le fond de la salle et il s’arrêta net.
- Peut-être que quoi, demanda impatient Yanak ? »

Tylis détourna son regard, regarda son compagnon et lui dit en souriant :
« - Peut-être vais-je prendre un peu de repos avec les quelques sous que Carsius m’a donné. Je vous rejoindrai sans doute plus tard (ou peut-être pas se dit-il en lui-même). Je crois que j’ai besoin d’aller voir ce qu’il reste de mon ancienne vie.
- Sacré bosmer, dit Yanak en rigolant. J’étais sûr que tu étais un sentimental.
- Dois-je le prendre comme un compliment, demanda Tylis en souriant ?
- Prends le comme tu voudras, répliqua Jiub, mais tu vas nous manquer avec tes airs de seigneur mystérieux."

Tylis et Yanak éclatèrent de rire pendant que Jiub finissait sa pinte. Mais au fond de la salle, là où le bosmer avait regardé quelques instants auparavant, un individu encapuchonné venait de se lever et se dirigeait vers la sortie de la taverne. Juste avant de franchir le pas de la porte, il se retourna vers les trois employés de Carsius et l’espace d’un instant, ses yeux semblèrent briller. Puis il s’éclipsa comme s’il n’avait été qu’une illusion. Tylis sourit pour lui-même… On ne l’avait pas oublié.


* * *

Le cavalier avait dépassé Vivec au début de la semaine et se dirigeait maintenant vers Coeurébène. Il était sale, fatigué et paraissait effrayé. Son cheval boitait d’un antérieur et semblait très abîmé. Il était près de midi et le soleil tapait durement en cette fin d’été. L’après-midi fut longue et le prêtre dissident se dissimula régulièrement à l’approche des voyageurs ou des gardes impériaux qui patrouillaient dans la région. Il se savait recherché et ne souhaitait pas donner de piste à ses adversaires. Il avait déjà bien failli être démasqué à Pélagiad, à l’auberge de Mi-Chemin où il s’était arrêté pour s’approvisionner un peu. Quelques gardes du fort, qui s’y trouvaient aussi, avaient parlé du Ministère de la Vérité. Le grand Inquisiteur en personne avait pris en main une affaire concernant la trahison d’un prêtre dissident qui semblait avoir disparu dans la nature. Dix des plus dangereux Inquisiteurs du Ministère avaient quitté Vivec il y a deux jours en direction de Maar Gan. Un avis de recherche avait été lancé.


Edryn Milo [c’est ainsi qu’il se nommait], était alors parti sans attendre. Il devait se rendre au plus vite à Coeurébène pour y embarquer secrètement vers le lieu où était en train de se bâtir le monastère secret. Gilvas Barélo avait été choisi pour diriger cette opération. De tous les dissidents, il paraissait être le plus sage et le plus écouté. Il devait lui ramener à tout prix les informations qu’il détenait. Seul le collège dissident dirigé par Barélo pourrait décider de la conduite à tenir compte tenu de ces nouveaux éléments.

Il arriva enfin sur la butte qui dominait la cité où résidait le représentant de l’empereur de Cyrodiil. L’Empire avait en effet profité du conflit qui régnait entre les grandes maisons Dunmer qui gouvernaient Morrowind pour envahir leurs terres. Des six maisons qui existaient avant la guerre, seules trois participaient toujours, sous les ordres du représentant de l’empereur, au gouvernement de Vardenfell. Edryn Milo s’arrêta et regarda longuement la cité. Il allait lui falloir redoubler de ruse pour passer inaperçu jusqu’aux quais. Surtout dans l’état dans lequel il se trouvait… Cette idée le fit sourire. La situation était cocasse bien que désespérée. Il inspira un grand coup puis fit avancer sa pauvre monture. En voilà une qu’il ne remercierait jamais assez…



Il arriva enfin à proximité de la grande porte. Elle était bien gardée mais aucun autre passage n’était envisageable. Le dissident descendit de son cheval et le mena par la bride. Il fit tout son possible pour paraître le plus à l’aise possible lorsque l’un des deux gardes l’interpella :

« - Halte ! Qui êtes-vous, d’où venez-vous et que venez-vous faire à Coeurébène ?
- Eh bien, je ne savais pas qu’il fallait subir un interrogatoire avant d’entrer en ville, répliqua ironiquement le prêtre. Coeurébène aurait-elle perdu de son hospitalité ?
- Nous avons reçu l’ordre d’interroger tous les voyageurs entrant dans la cité, répondit sèchement le garde. Vous ne faites pas exception.
- Très bien. Je m’appelle Tumnus Grécor [Edryn avait eu tout juste le temps de se faire une identité]. Je suis érudit et je viens mettre mon savoir au service de la Compagnie de l’Empire Oriental. Je viens de faire un long trajet depuis Suran et il se trouve que mon cheval s’est foulé un antérieur. Moi-même, je suis très fatigué et j’aimerais pouvoir rencontrer mon employeur au plus vite.
- Vraiment ?»

Le garde le dévisagea longuement puis, comme de nouveaux voyageurs arrivaient, il aboya : « C’est bon, passez ! » Le dissident ne se le fit pas dire deux fois, il tira sur la bride et entra dans Coeurébène. C’est à ce moment précis qu’il les aperçut ; son sang se glaça. Trois Ordonnateurs contrôlaient toutes les personnes s’engageant vers les quais.

Celui qui semblait encadrer cette opération restait derrière ses deux acolytes et dévisageait tous les individus présents sur la place du Dragon. Lorsque le prêtre l’aperçu, il se dissimula précipitamment derrière son cheval et chercha des yeux quelque chose qui pourrait l’aider à se sortir de cette situation délicate. Il était pourtant si près du but ! Au bout d’un moment, il repéra les bureaux de la Compagnie dont il avait prétendu être le futur employé. Cette supercherie pourrait peut-être l’aider une nouvelle fois.

Il risqua un regard vers les quais et là, pour son plus grand drame, il découvrit que le chef des Ordonnateurs marchait droit sur lui. Pris de panique, il enfourcha sa monture, se redressa et la talonna vigoureusement. Cette dernière se cabra sous l’effet de la surprise en hennissant bruyamment. Puis elle se lança au grand galop à la rencontre du soldat du Temple. Ce dernier ne parut que peu surpris. Il se contenta de tirer son sabre et d’avancer à la rencontre de sa proie.

Tous les spectateurs de cette scène inattendue se retournèrent pour regarder ce qui se tramait. Le choc promettait d’être violent. Les deux acolytes avaient cessé leurs contrôles et se précipitaient pour apporter du renfort à leur maître. Ces hommes n’avaient pas peur, ils ne laissaient rien paraître de leurs émotions, ce qui fit hésiter le dissident Milo. C’est cette hésitation qui lui sauva la vie ; au moment où il tira sur la bride de son cheval, une flèche siffla à ses oreilles. Il se redressa et aperçut des archers qui prenaient place sur les toits qui entouraient la place.

Il se croyait perdu lorsqu’il vit que le bateau de pêcheurs sur lequel il devait embarquer était en train de se préparer à partir en urgence… Son contact préparait leur fuite. Tout était encore possible.

Il fit mine de se rendre, mais lorsque l’Ordonnateur lui intima l’ordre de descendre de sa monture, il la lança au grand galop vers les quais. Son adversaire fut projeté au sol par l’équidé. Il hurla une série d’ordre et ses deux acolytes refermèrent le passage sur lequel allait s’engager le prêtre. Les flèches sifflèrent à nouveau autour de lui. Le bateau était en train de larguer les amarres. Edryn Milo fit une prière à sa déesse. C’est alors que son cheval sauta par-dessus l’obstacle que constituaient les deux derniers hommes de main du Temple avec une facilité irrationnelle. Le dissident se sentit décoller dans les airs pour atterrir quelques instant après sur la selle avec une légèreté déconcertante au milieu des flèches qui ne parvenaient pas à l’atteindre. Sa monture le mena jusqu’aux quais d’où il couru plonger à l’eau pour rattraper le bateau.

Blatta Hatéria le hissa à bord pendant que le matelot déployait les voiles.

« - On peut dire que vous l’avez échappé belle, dit-elle en souriant au rescapé.
Edryn Milo, encore étourdi, regarda vers la terre sans répondre.
- Qu’est-il arrivé à votre cheval, lui demanda-t-elle après un moment de silence.
- [Milo sourit]. Je crois que la Dame lui a donné la force de me sortir de ce danger. J’espère qu’il vivra après tout ce qu’il a du enduré pour me conduire ici.
- Vous apportez des informations importantes, demanda Blatta inquiète ?
- Elles n’ont jamais été aussi graves et aussi porteuses d’espérance à la fois. Le maître doit les lire au plus vite… Il en va de l’existence de Vardenfell. »
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Re: Chapitre II

Message par OraNN le Jeu 14 Sep - 15:57

suite du chapitre II:

La nuit était tombée plus tôt que la saison ne l’aurait voulu sur la citée mère des Hlaalus. L’air était lourd, pas un souffle ne parcourait la ville. On sentait bien que l’orage était proche. Lorsque Tylis sortit de la taverne accompagné de Yanak et Jiub, un premier éclair zébra le ciel puis un grondement retentit dans le lointain. Il plissa les yeux et scruta l’horizon : une forte perturbation arrivait du Nord-Est.

« - Nous ne devrions pas nous attarder car l’orage qui vient n’est pas bénin.
- Non, lui répondit Jiub l’air soucieux. L’air est chargé d’électricité… Je ne saurais pas dire pourquoi, mais j’ai un mauvais pressentiment.
- Oui, acquiesça Yanak, il est particulier cet orage. Vous avez vu la masse noire qui s’amène ?
- Allez, ne tardons pas coupa Tylis, je ne souhaite pas être trempé comme une éponge et nous avons encore une auberge à trouver ! »

Ils déambulèrent dans les rues de Balmora, passèrent au-dessus de la rivière Odaï et pénétrèrent dans les ruelles menant au quartier commerçant. Soudain, le ciel se déchira et la pluie commença à s’abattre sur la ville avec une violence étonnante.

Les trois elfes commencèrent à courir lorsque Jiub –qui était le premier de la file- aperçu une silhouette imposante se mettre en travers de leur passage. Tylis qui l’avait aussi aperçu se retourna pour en apercevoir une seconde leur barrer la route, ne leur laissant ainsi aucune chance de retrait. « Des racketteurs, grogna jiub, il ne manquait plus que cela ! » Immédiatement, Yanak tira sa hache qu’il portait constamment à la ceinture : « Ahhh ! Un peu d’exercice ! »

Les deux silhouettes se rapprochaient lentement. Cinq nouvelles silhouettes apparurent à leur tour. Tylis remarqua que leur démarche était quelque peu saccadée. Un mauvais pressentiment l’envahit soudain. Il plissa les yeux pour apercevoir plus nettement ses adversaires. Comme ces derniers approchaient, il pu enfin apercevoir une partie de leurs visages. A cet instant, il sut ce qui n’allait pas. Il tira son épée du fourreau et murmura pour lui-même : « Des morts-vivants ».

Jiub et Yanak qui l’avaient entendu se regardèrent stupéfiés. « Tant pis, répondit Yanak à la question muette de son camarade, ça ne doit pas être bien différent des complètement vivants… » Il brandit sa hache et l’abattit sur le premier cadavre animé.


* * *






Les trois elfes étaient engagés dans un combat surréaliste mais sans pitié. Les cadavres se battaient avec une détermination effrayante. Chaque coup porté ne les faisaient que vaciller un instant puis ils se relançaient sur leurs proies. La situation devenait critique. Pourtant, aucun ne perdait du terrain : Yanak dévoilait un habile talent au maniement de la hache et Jiub se révélait être un excellent escrimeur. Quant à Tylis, sa lame parait, s’abattait, piquait, touchait à chaque fois. L’elfe des bois avait un talent immense. Il para une nouvelle fois l’attaque d’un des morts-vivants, se fendit et le projeta à terre. Comme ce ballet commençait à l’épuiser, il profita de ce court répit pour crier vers ses amis : « du feu ! Il nous faut du feu ! »

« - Avec cette pluie, répliqua Yanak en faisant tournoyer sa hache ?
- Tans pis pour la pluie, il faut trouver quelque chose et vite !........ Remontons vers la place commerçante ! Avec un peu de chance nous y trouverons des gardes ! »

Tylis commença à se tailler un chemin entre ses adversaires. Ces derniers étaient vraiment répugnants et l’odeur de décomposition qu’ils dégageaient devenait insoutenable. Jiub tenta de suivre son confrère, mais baissant alors sa garde, il sentit la lame grossière de son adversaire s’enfoncer dans son flan droit. Un instant il resta immobile, le souffle coupé. Il distingua vaguement le cadavre s’écrouler sous le puissant coup de hache de Yanak, puis tout se mit à tourner autour de lui. Bientôt, ce fut le noir complet.

Tylis se retourna et vit le dunmer s’effondrer sur le sol. Il se produisit alors quelque chose de tout à fait inattendu. Dans l’air résonna une incantation prononcée dans une langue inconnue. Tous les cadavres animés reculèrent, hésitant. Soudain, la foudre tomba sur chacun des morts-vivants, les enflammant instantanément. Il y eu alors une grande ruade. Les corps enflammés se dispersèrent dans un désordre absolu en poussant des cris que l’on aurait pu croire être ceux de rapaces.

Yanak se précipita vers Jiub, lâcha sa hache et prit son pouls… Le cœur battait encore.

« -Il faut vite l’emmener dans une auberge et panser sa blessure… Il perd beaucoup de sang.
- Très bien, aide moi à le porter, répondit Tylis en rengainant son épée. »

La pluie ne cessait de s’abattre sur la ville avec violence. Trempé jusqu’à la moelle, le triste équipage se pressait maintenant vers un endroit sûr, conscient que le danger les guettait à chaque coin de rue. L’endroit était désert. Tous les habitants avaient trouvé refuge dans les maisons et les auberges.

Ils allaient arriver sur la place commerçante lorsqu’ils virent une dizaine de gardes armés jusqu’aux dents accompagnés par un petit homme encapuchonné. « Ceux sont eux, s’écria ce dernier en les désignant ! Je les ai vu invoquer les morts ! Ce sont eux qui sont en train d’infester la ville ! » A ces mots, les gardes avancèrent d’un pas déterminé vers les trois elfes.

« - Par tous les daedras, s’écria Yanak, on ne peut pas souffler une minute ici !
- Filons ! Vite ! répondit Tylis. Ils n’ont pas l’air de vouloir entendre une quelconque défense. »

Ils prirent leurs jambes à leur coup et s’engouffrèrent à nouveau dans le réseau de ruelles, tournant le plus souvent possible pour tenter de perdre leurs poursuivants. Soudain, des cris de rapaces se firent à nouveau entendre… Les morts revenaient. Tylis, dont la pupille s’était dilatée à ce son effrayant, s’arrêta un instant. « On n’a pas le temps de s’arrêter s’écria Yanak ! Ils sont juste derrière ! » Mais Tylis n’écoutait pas… Ses yeux brillaient à nouveau de cette lueur étrange. « Par là, s’écria-t-il soudain en empruntant une étroite allée.
- Mais qu’est-ce que tu fous, bon sang, hurla Yanak ! On se dirige droit vers cette pourriture de cadavres ! »

Tylis ne répondit pas. Il courrait comme s’il savait parfaitement où aller. Yanak portait à lui seul, en travers de ses épaules, le corps inanimé de Jiub et cette charge ralentissait considérablement leur fuite : ils perdaient du terrain. Yanak jeta un coup d’œil en arrière pour apercevoir les gardes plus enragés que jamais. Au même moment, il aperçu devant eux les silhouettes des morts-vivants. Mais Tylis ne ralentit pas. Au dernier moment, il s’engouffra dans une ruelle perpendiculaire : c’était un cul de sac ! Ils allaient arriver au bout, lorsque les gardes se dessinèrent les premiers à l’entrée de l’impasse. Mais soudain une flèche frôla le crâne de Yanak pour aller se planter dans le cœur du premier poursuivant. Une seconde frappa un second garde.

Yanak ne savait plus ce qui se passait. Il vit Tylis enfoncer la porte et s’introduire dans la bâtisse du fond. Il le suivit sans se poser de questions. Les flèches volaient maintenant dans les deux sens. Ils traversèrent la maison et ouvrirent les fenêtres. Elles donnaient sur la porte Sud de Balmora. Tylis l’enjamba et récupéra Jiub le temps que Yanak fasse de même. Deux chevaux attendaient, scellés et prêt à partir. Yanak enfourcha le premier puis plaça Jiub devant lui. Tylis venait de monter sur le second quand un individu sautant du toit retomba juste sur la croupe de sa monture. Aussitôt, les deux équidés partirent au galop, passèrent la porte Sud de la ville Hlaalu, puis disparurent dans les ténèbres laissant leurs poursuivants bredouilles. Un éclair zébra à nouveau le ciel dans cette nuit inquiétante.

* * *

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Re: Chapitre II

Message par tiaremoana le Ven 15 Sep - 15:33

correction :

Suite du chapitre II:

La nuit était tombée plus tôt que la saison ne l’aurait voulu sur la citée mère des Hlaalus. L’air était lourd, pas un souffle ne parcourait la ville. On sentait bien que l’orage était proche. Lorsque Tylis sortit de la taverne accompagné de Yanak et Jiub, un premier éclair zébra le ciel puis un grondement retentit dans le lointain. Il plissa les yeux et scruta l’horizon : une forte perturbation arrivait du Nord-Est.

« - Nous ne devrions pas nous attarder car l’orage qui vient n’est pas bénin.
- Non, lui répondit Jiub l’air soucieux. L’air est chargé d’électricité… Je ne saurais pas dire pourquoi, mais j’ai un mauvais pressentiment.
- Oui, acquiesça Yanak, il est particulier cet orage. Vous avez vu la masse noire qui s’amène ?
- Allez, ne tardons pas coupa Tylis, je ne souhaite pas être trempé comme une éponge et nous avons encore une auberge à trouver ! »

Ils déambulèrent dans les rues de Balmora, passèrent au-dessus de la rivière Odaï et pénétrèrent dans les ruelles menant au quartier commerçant. Soudain, le ciel se déchira et la pluie commença à s’abattre sur la ville avec une violence étonnante.

Les trois elfes commencèrent à courir lorsque Jiub –qui était le premier de la file- aperçu une silhouette imposante se mettre en travers de leur passage. Tylis qui l’avait aussi aperçu se retourna pour en apercevoir une seconde leur barrer la route, ne leur laissant ainsi aucune chance de retrait. « Des racketteurs, grogna jiub, il ne manquait plus que cela ! » Immédiatement, Yanak tira sa hache qu’il portait constamment à la ceinture : « Ahhh ! Un peu d’exercice ! »

Les deux silhouettes se rapprochaient lentement. Cinq nouvelles silhouettes apparurent à leur tour. Tylis remarqua que leur démarche était quelque peu saccadée. Un mauvais pressentiment l’envahit soudain. Il plissa les yeux pour apercevoir plus nettement ses adversaires. Comme ces derniers approchaient, il pu enfin apercevoir une partie de leurs visages. A cet instant, il sut ce qui n’allait pas. Il tira son épée du fourreau et murmura pour lui-même : « Des morts-vivants ».

Jiub et Yanak qui l’avaient entendu se regardèrent stupéfiés. « Tant pis, répondit Yanak à la question muette de son camarade, ça ne doit pas être bien différent des complètement vivants… » Il brandit sa hache et l’abattit sur le premier cadavre animé.


* * *






Les trois elfes étaient engagés dans un combat surréaliste mais sans pitié. Les cadavres se battaient avec une détermination effrayante. Chaque coup porté ne les faisait que vaciller un instant puis ils se relançaient sur leurs proies. La situation devenait critique. Pourtant, aucun ne perdait du terrain : Yanak dévoilait un habile talent au maniement de la hache et Jiub se révélait être un excellent escrimeur. Quant à Tylis, sa lame parait, s’abattait, piquait, touchait à chaque fois. L’elfe des bois avait un talent immense. Il para une nouvelle fois l’attaque d’un des morts-vivants, se fendit et le projeta à terre. Comme ce ballet commençait à l’épuiser, il profita de ce court répit pour crier vers ses amis : « du feu ! Il nous faut du feu ! »

« - Avec cette pluie, répliqua Yanak en faisant tournoyer sa hache ?
- Tans pis pour la pluie, il faut trouver quelque chose et vite !........ Remontons vers la place commerçante ! Avec un peu de chance nous y trouverons des gardes ! »

Tylis commença à se tailler un chemin entre ses adversaires. Ces derniers étaient vraiment répugnants et l’odeur de décomposition qu’ils dégageaient devenait insoutenable. Jiub tenta de suivre son confrère, mais baissant alors sa garde, il sentit la lame grossière de son adversaire s’enfoncer dans son flan droit. Un instant il resta immobile, le souffle coupé. Il distingua vaguement le cadavre s’écrouler sous le puissant coup de hache de Yanak, puis tout se mit à tourner autour de lui. Bientôt, ce fut le noir complet.

Tylis se retourna et vit le dunmer s’effondrer sur le sol. Il se produisit alors quelque chose de tout à fait inattendu. Dans l’air résonna une incantation prononcée dans une langue inconnue. Tous les cadavres animés reculèrent, hésitant. Soudain, la foudre tomba sur chacun des morts-vivants, les enflammant instantanément. Il y eu alors une grande ruade. Les corps enflammés se dispersèrent dans un désordre absolu en poussant des cris que l’on aurait pu croire être ceux de rapaces.

Yanak se précipita vers Jiub, lâcha sa hache et prit son pouls… Le cœur battait encore.

« -Il faut vite l’emmener dans une auberge et panser sa blessure… Il perd beaucoup de sang.
- Très bien, aide moi à le porter, répondit Tylis en rengainant son épée. »

La pluie ne cessait de s’abattre sur la ville avec violence. Trempé jusqu’à la moelle, le triste équipage se pressait maintenant vers un endroit sûr, conscient que le danger les guettait à chaque coin de rue. L’endroit était désert. Tous les habitants avaient trouvé refuge dans les maisons et les auberges.

Ils allaient arriver sur la place commerçante lorsqu’ils virent une dizaine de gardes armés jusqu’aux dents accompagnés par un petit homme encapuchonné. « Ceux sont eux, s’écria ce dernier en les désignant ! Je les ai vu invoquer les morts ! Ce sont eux qui sont en train d’infester la ville ! » A ces mots, les gardes avancèrent d’un pas déterminé vers les trois elfes.

« - Par tous les daedras, s’écria Yanak, on ne peut pas souffler une minute ici !
- Filons ! Vite ! répondit Tylis. Ils n’ont pas l’air de vouloir entendre une quelconque défense. »

Ils prirent leurs jambes à leur coup et s’engouffrèrent à nouveau dans le réseau de ruelles, tournant le plus souvent possible pour tenter de perdre leurs poursuivants. Soudain, des cris de rapaces se firent à nouveau entendre… Les morts revenaient. Tylis, dont la pupille s’était dilatée à ce son effrayant, s’arrêta un instant. « On n’a pas le temps de s’arrêter s’écria Yanak ! Ils sont juste derrière ! » Mais Tylis n’écoutait pas… Ses yeux brillaient à nouveau de cette lueur étrange. « Par là, s’écria-t-il soudain en empruntant une étroite allée.
- Mais qu’est-ce que tu fous, bon sang, hurla Yanak ! On se dirige droit vers cette pourriture de cadavres ! »

Tylis ne répondit pas. Il courrait comme s’il savait parfaitement où aller. Yanak portait à lui seul, en travers de ses épaules, le corps inanimé de Jiub et cette charge ralentissait considérablement leur fuite : ils perdaient du terrain. Yanak jeta un coup d’œil en arrière pour apercevoir les gardes plus enragés que jamais. Au même moment, il aperçu devant eux les silhouettes des morts-vivants. Mais Tylis ne ralentit pas. Au dernier moment, il s’engouffra dans une ruelle perpendiculaire : c’était un cul de sac ! Ils allaient arriver au bout, lorsque les gardes se dessinèrent les premiers à l’entrée de l’impasse. Mais soudain une flèche frôla le crâne de Yanak pour aller se planter dans le cœur du premier poursuivant. Une seconde frappa un second garde.

Yanak ne savait plus ce qui se passait. Il vit Tylis enfoncer la porte et s’introduire dans la bâtisse du fond. Il le suivit sans se poser de questions. Les flèches volaient maintenant dans les deux sens. Ils traversèrent la maison et ouvrirent les fenêtres. Elles donnaient sur la porte Sud de Balmora. Tylis l’enjamba et récupéra Jiub le temps que Yanak fasse de même. Deux chevaux attendaient, scellés et prêt à partir. Yanak enfourcha le premier puis plaça Jiub devant lui. Tylis venait de monter sur le second quand un individu sautant du toit retomba juste sur la croupe de sa monture. Aussitôt, les deux équidés partirent au galop, passèrent la porte Sud de la ville Hlaalu, puis disparurent dans les ténèbres laissant leurs poursuivants bredouilles. Un éclair zébra à nouveau le ciel dans cette nuit inquiétante.

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