Prologue partie II

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Prologue partie II

Message par OraNN le Mer 26 Juil - 14:03

« - C’est entendu, dit-il enfin, je te prends.
- Très bien, répondit l’elfe d’un ton égal, mais vous ne m’avez pas dit où vous comptiez vous rendre.
- Balmora. Mais je ne vois pas en quoi cette information peut t’intéresser.
- J’aime savoir où je vais, répondit l’elfe, c’est tout. Quand partons-nous ?
- Demain matin à l’aube, dit Carsius, si Almalexia est avec moi. En attendant, rejoins les autres chez Arrile et prends y un verre. Je vous rejoins d’ici quelques minutes.
L’elfe commença à s’éloigner d’un pas léger lorsque Carsius l’interrompit :
- Je ne t’ai pas demandé ton nom !
L’intéressé s’arrêta instant, puis il répondit :
- Vous pouvez m’appeler Tylis, ça fera l’affaire. »



Puis il s’éloigna vers l’auberge. Carsius le regarda s’éloigner en se demandant sur quel genre de personnage il était tombé. L’avenir le lui dirait sans doute [Il chercha de nouveau du regard le Bosmer, mais il avait disparu] ou peut-être pas…





* * *

La nuit était tombée depuis plus d’une heure maintenant. Sathar était sortit de Suran peu de temps avant la disparition des derniers rayons de soleil. Il avait passé la journée à l’auberge de Désèle à attendre avec une certaine inquiétude le moment où il pourrait s’éclipser le plus discrètement possible. Sur les ordres du chanoine du Temple de Molag Mar, il était venu s’entretenir avec le responsable du Temple de Suran sur une affaire de la plus haute importance. Puis il était allé rencontrer le seigneur Oven Dren de la maison Haalu, pour lui demander son soutien lors de la prochaine réunion du grand conseil. Le Temple allait avoir besoin d’alliés si les informations récoltées s’avéraient exactes.

Un frisson de frayeur le traversa et il se mit à espérer que ces informations seraient vite démenties. Mais au fond de lui-même, il savait cela peu probable. C’est pourquoi il avait fait le choix de ne pas retourner immédiatement à Molag Mar, mais de filer rapidement vers Vivec pour avertir le grand chanoine en personne. Le temps lui manquait et les Tribuns devaient être informés sans attendre. Peut-être cette décision allait-elle lui coûter cher auprès du chanoine de Molag Mar, mais il était prêt à en prendre la responsabilité.





Il s’avança vers la rive de la rivière Nabia qui coulait au Sud de Suran et découvrit enfin la petite embarcation qu’il avait achetée plus tôt dans la matinée à un pêcheur. Il regarda inquiet tout autour de lui de peur d’avoir été suivi. Lentement, il scruta les bosquets et les abords du cours d’eau tout étincelant d’argent à la lumière des deux lunes. Mais c’était pour lui un spectacle assez angoissant. Il n’était pas habitué à œuvrer la nuit, et il ne se rendait pas bien compte qu’il était parfaitement à découvert. Il déposa son précieux colis contenant les informations signées de la main du chanoine de Suran à l’intérieur de la barque et entreprit de la pousser à l’eau.




Après un léger bruit de raclement, l’embarcation glissa silencieusement dans l’eau. Sathar y monta prestement, sortit les rames et commença à les plonger maladroitement dans l’eau. Mais finalement, la barque s’ébranla et commença à prendre de la vitesse. Au bout d’un moment, il commença enfin à se sentir en sécurité.




Mais soudain, un grand froid l’envahit… Il vacilla un instant… puis s’effondra de tout son long sur le fond de la barque… Une flèche noire lui transperçait la nuque.



* * *


La flèche avait fait mouche avec une précision déconcertante. Sous la capuche du tireur, deux yeux verts brillaient comme des émeraudes à la lueur étrange des lunes. Le regard était perçant, presque magique. Les pupilles qui s’étaient étrécies au point de ne former que deux fentes de lumière se dilatèrent doucement. L’individu se glissa telle un spectre en dehors des bosquets qui longeaient la rive de Nabia. Son pas était léger et il n’émettait aucun son. Il était une ombre, rien de plus, aussi silencieuse, aussi invisible, aussi irréelle… Il se glissa sans un bruit dans l’eau glacée de la rivière et nagea jusqu’à l’embarcation qui dérivait, libre de tout maître.


Indril finit par atteindre la barque et se issa à bord dans un silence parfait. Il récupéra sa flèche, la nettoya rapidement et la glissa dans son carquois. Un splendide arc elfique était noué en travers de son dos. Puis il noua une lourde caisse trouvée dans l’embarcation au cadavre du serviteur du Temple et le laissa glisser dans l’eau. Ainsi, nul ne le reverrait jamais car le Nabia n’était jamais à sec, surtout à une si courte distance de l’estuaire.



La barque continuait de dériver comme un débris de bois au milieu de la rivière. Indril se pencha vers le colis qu’il cherchait.

Soudain, ses yeux brillèrent davantage. Il se retourna vivement et parcouru du regard le paysage qui l’entourait. Il était absolument seul... L’appel venait de plus loin…

Il vérifia un instant le contenu du sac qu’avait porté sa victime, puis se glissa à nouveau dans l’eau pour rejoindre la rive occidentale du Nabia. Arrivé sur la rive, il s’assit un moment et ferma les yeux. Puis, comme il se concentrait, il tendit son esprit loin vers l’Est d’où lui semblait être venu l’appel. Intérieurement, il se mêla à chaque arbre, chaque plante, chaque animal à une vitesse que seul l’esprit peut atteindre. Puis il entendit à nouveau l’appel de façon plus nette. Il s’en approcha encore…

Soudain il ouvrit les yeux.

Un instant il resta immobile. Ses pupilles brillaient d’une lueur étrange mais fascinante. Puis il se leva, noua le colis à sa ceinture et se précipita vers l’Est, sans un bruit. Il avait parcouru quelques mètres, quand les nuages voilèrent la lumière des astres. Au même instant, il disparu sans laisser une trace de son passage.

Au loin, le cri d’un rapace déchira le silence oppressant de la nuit.


* * *

Le cheval allait à plein galop sur la route qui allait d’Aldruhn à Maar Gan. Son cavalier avait les traits tirés, il était vraisemblablement épuisé. La poussière qui couvrait son vêtement trahissait un long voyage. La nuit était tombée et il était dangereux de galoper à cette vitesse sur le terrain accidenté qui entourait Bal Isra. Mais il ne voulait pas laisser un instant de repos à sa monture qui renâclait à continuer à une telle allure. Les oiseaux nocturnes s’éloignaient vivement à son passage. Les battements répétitifs du galop s’accordaient au battement du cœur du cavalier. Ses tempes tambourinaient et sa vue se troublait fréquemment.



Soudain, loin derrière lui, apparut un nuage de poussière. Il ne pouvait s’agir que de cavaliers. Le prêtre se retourna pour évaluer la distance qui le séparait de ses poursuivants : trop courte à son goût ! Vu la quantité de poussière soulevée, ils devaient être au moins une bonne demi-douzaine. Son visage devint un peu plus blême mais il talonna à nouveau sa monture. Il ne fallait pas qu’ils le rattrapent.



En effet, les jours précédents, il avait gagné le Nord de l’île et rencontré une des tribus cendraises. Il avait obtenu de la sage-femme de leur clan des informations précieuses concernant la légende de Nérévar et de la promesse de sa réincarnation. Mais pour cela, il était passible de mort. Il devait à tout prix semer ses poursuivants et rejoindre ses confrères.
Ils ne cessaient de se rapprocher. Le prêtre dissident était épuisé et sa monture écumait, trahissant ainsi un état de fatigue qui pouvait leur coûter la vie. Il se retourna désespéré et aperçu nettement les cinq cavaliers, cinq ordonnateurs du Temple. Ils l’avaient pris en chasse depuis la sortie d’Aldruhn et n’avaient jamais perdu de terrain depuis. Il fallait s’y résigner. Ils allaient le rattraper et le torturer jusqu’à ce qu’il trahisse les siens ou jusqu’à ce qu’il meurt.



Mais comme il se résignait et commençait à lâcher la bride de son étalon, il se passa quelque chose d’inexplicable. Les cavaliers lancés à sa poursuite quelques instants plus tôt n’étaient plus à ses trousses. Le nuage de poussière lui-même commençait à se dissiper, révélant leur arrêt. Qu’est-ce qui avait pu les pousser à renoncer ? Ils étaient pourtant prêts à tout pour lui mettre la main dessus !



Cependant, la nécessité fut plus grande que la curiosité et le prêtre dissident relança sa monture sur le chemin de Maar Gan.


* * *


Les chevaux des ordonnateurs étaient lancés à plein galop. Ils ne cessaient de se rapprocher de leur proie. Le prêtre dissident ne tarderait pas à payer sa trahison envers le Temple. Les ordres avaient étaient clairement énoncés : « Vivant si possible, mais mort conviendra » ! Aussi talonnaient-ils ardemment leurs montures, conscients de l’importance de faire disparaître le traître. Ils gagnaient en terrain et pouvaient maintenant apercevoir le cavalier. Ils dégainèrent leurs sabres dans un même mouvement et tinrent leurs lames vers le ciel étoilé : Il était à eux !



Soudain, une flèche vint se planter dans la gorge d’un des ordonnateurs qui s’écroula sans vie. Au même moment, un cavalier surgit de nulle part et se planta sur la route, entre eux et leur proie. Son cheval se cabra en hennissant bruyamment. Ils tirèrent violemment sur leurs rennes pour ne pas entrer en collision, mais lui resta immobile, ne détournant pas son regard. Il était vêtu entièrement de vêtements de voyages et portait un long manteau de cuir sombre. Ses yeux étaient dissimulés par l’ombre que créait son capuchon. Cependant ils pouvaient distinguer la sueur sur son visage. Il avait participé à la course sans même se faire repérer ! Dans sa main se tenait l’arc qui venait de chanter.



Le chef des ordonnateurs hurla de rage à sa vue et chargea son nouvel adversaire. Ses hommes se lancèrent à sa suite le sabre au clair. L’individu ne bougea pas.



Soudain, il releva la tête et ses yeux brillèrent non pas à la lueur de leurs torches, mais à la lueur des deux lunes. Son cheval fit un écart et de son manteau sortit une épée étincelante. Il la brandit et s’élança à l’encontre du maître de la charge.



Les lames s’entrechoquèrent violemment et le chef des ordonnateurs fut propulsé avec une facilité déconcertante à terre. Déjà l’épée tournoyait à nouveau, déviant le second coup et transperçant le cœur du troisième cavalier. Le dernier s’arrêta net, hésitant…



Mais l’inconnu n’hésita pas et en un instant, il était sur lui. Les armes s’entrechoquèrent avec force et l’ordonnateur ne réussi à esquiver que maladroitement les deux premiers coups. Le troisième vint du poignard que son adversaire dissimulait habilement jusqu’à présent. La lame s’enfonça dans le flan du gardien du Temple sans qu’il ne comprenne ce qui arrivait. Mais déjà le dernier cavalier revenait sur l'étrange guerrier avec une rage renouvelée pendant que son chef se relevait difficilement de sa chute. Sans hésiter, l’individu lança habilement son poignard vers son agresseur. Ce dernier esquiva le jet avec dextérité. Mais, il ne vit pas venir le coup d’estoc qui le suivait... Il s’écroula à son tour….



Il ne restait plus que le guerrier à cheval et le chef des ordonnateurs à pied. Ils se toisèrent un moment… L’inconnu descendit avec souplesse de sa monture et se dirigea d’un pas déterminé vers son dernier adversaire. Le combat fut bref car le gardien du Temple s’était blessé dans sa chute. Pourtant, il vendit cher sa peau et repoussa un moment les assauts de son adversaire. Mais son ardeur le poussa à baisser sa garde pour se fendre, ce qui lui valut la vie. Il s’effondra sur le sol, aux pieds d'un "étranger". Tout c’était passé si vite…Il ne saurait jamais qui était ce nouvel adversaire du Temple…



* * *

Daevar rengaina son épée et contempla le carnage. Une lueur de regret passa dans ses yeux, mais il ne s’y attarda pas. Il entreprit soigneusement de dissimuler les cadavres et libéra un par un les chevaux de leurs harnachements. Puis il les calma et les renvoya à la nature.

Il rappelait sa monture et allait reprendre la route lorsque ses yeux se mirent soudain à briller étrangement. Il les ferma et tendit son esprit….

…Il les rouvrit au bout d’un instant et regarda longuement la direction dans laquelle le prêtre dissident avait disparu. Puis il détourna résolument sa monture vers l’Est. On venait de le rappeler…



* * *

Tylis ouvrit soudainement les yeux….


Ils brillaient d’une manière étrange, comme cela se produisait pour ses frères de race chaque fois qu’ils communiquaient entre eux. Cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps… Mais cette nuit là, l’appel paraissait différent. Il avait été lancé par un esprit puissant pour l’ensemble de son Ordre. Tylis n’avait pas souvenir d’en avoir déjà perçu un si puissant. Quelque chose de grave se tramait…


Il se redressa calmement et regarda autour de lui. La caravane de Carsius Closus avait établit son campement non loin de Pélagiad. Tout le monde dormait mis à part deux gardes. Jiub était l’un d’eux. A part le doux crépitement du feu que l’on avait ravivé récemment, tout était silencieux. Tylis fixa son regard sur les flammes et se concentra…



Il ferma les yeux et laissa son esprit s’étendre et prendre conscience de la vie qui circulait dans chaque être vivant qui l’entourait. Puis il étendit davantage sa perception. D’être vivant en être vivant, son esprit parcourait à toute vitesse les lignes de la vie, pour se rapprocher de l’Appel. Enfin, il l’entendit clairement, puissant et vibrant. Il s’élevait de l’Est, loin vers l’Est, au pays du soleil levant, au pays de l’Aube d’Azura. comme un souffle puissant, une voix clamait :


« Sous les monts de l’Ecarlate, une ombre s’éveille. Mais le temps n’est pas encore venu pour Nérévar de revenir achever ce qu’il avait commencé. Aussi le pouvoir de l’Aube et du Crépuscule est-il mandé pour accomplir ce à quoi je l’ai toujours destiné….
… Ne craignez rien, je veille sur vous »







* * *
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Re: Prologue partie II

Message par tiaremoana le Mar 1 Aoû - 14:37

correction :

« - C’est entendu, dit-il enfin, je te prends.
- Très bien, répondit l’elfe d’un ton égal, mais vous ne m’avez pas dit où vous comptiez vous rendre.
- Balmora. Mais je ne vois pas en quoi cette information peut t’intéresser.
- J’aime savoir où je vais, répondit l’elfe, c’est tout. Quand partons-nous ?
- Demain matin à l’aube, dit Carsius, si Almalexia est avec moi. En attendant, rejoins les autres chez Arrile et prends y un verre. Je vous rejoins d’ici quelques minutes.
L’elfe commença à s’éloigner d’un pas léger lorsque Carsius l’interrompit :
- Je ne t’ai pas demandé ton nom !
L’intéressé s’arrêta instant, puis il répondit :
- Vous pouvez m’appeler Tylis, ça fera l’affaire. »



Puis il s’éloigna vers l’auberge. Carsius le regarda s’éloigner en se demandant sur quel genre de personnage il était tombé. L’avenir le lui dirait sans doute [Il chercha de nouveau du regard le Bosmer, mais il avait disparu] ou peut-être pas…





* * *

La nuit était tombée depuis plus d’une heure maintenant. Sathar était sorti de Suran peu de temps avant la disparition des derniers rayons de soleil. Il avait passé la journée à l’auberge de Désèle à attendre avec une certaine inquiétude le moment où il pourrait s’éclipser le plus discrètement possible. Sur les ordres du chanoine du Temple de Molag Mar, il était venu s’entretenir avec le responsable du Temple de Suran sur une affaire de la plus haute importance. Puis il était allé rencontrer le seigneur Oven Dren de la maison Haalu, pour lui demander son soutien lors de la prochaine réunion du grand conseil. Le Temple allait avoir besoin d’alliés si les informations récoltées s’avéraient exactes.

Un frisson de frayeur le traversa et il se mit à espérer que ces informations seraient vite démenties. Mais au fond de lui-même, il savait cela peu probable. C’est pourquoi il avait fait le choix de ne pas retourner immédiatement à Molag Mar, mais de filer rapidement vers Vivec pour avertir le grand chanoine en personne. Le temps lui manquait et les Tribuns devaient être informés sans attendre. Peut-être cette décision allait-elle lui coûter cher auprès du chanoine de Molag Mar, mais il était prêt à en prendre la responsabilité.





Il s’avança vers la rive de la rivière Nabia qui coulait au Sud de Suran et découvrit enfin la petite embarcation qu’il avait achetée plus tôt dans la matinée à un pêcheur. Inquiet, il regarda autour de lui de peur d’avoir été suivi. Lentement, il scruta les bosquets et les abords du cours d’eau tout étincelant d’argent à la lumière des deux lunes. Mais c’était pour lui un spectacle assez angoissant. Il n’était pas habitué à œuvrer la nuit, et il ne se rendait pas bien compte qu’il était parfaitement à découvert. Il déposa son précieux colis contenant les informations signées de la main du chanoine de Suran à l’intérieur de la barque et entreprit de la pousser à l’eau.




Après un léger bruit de raclement, l’embarcation glissa silencieusement dans l’eau. Sathar y monta prestement, sortit les rames et commença à les plonger maladroitement dans l’eau. Mais finalement, la barque s’ébranla et commença à prendre de la vitesse. Au bout d’un moment, il commença enfin à se sentir en sécurité.




Mais soudain, un grand froid l’envahit… Il vacilla un instant… puis s’effondra de tout son long sur le fond de la barque… Une flèche noire lui transperçait la nuque.



* * *


La flèche avait fait mouche avec une précision déconcertante. Sous la capuche du tireur, deux yeux verts brillaient comme des émeraudes à la lueur étrange des lunes. Le regard était perçant, presque magique. Les pupilles qui s’étaient étrécies au point de ne former que deux fentes de lumière se dilatèrent doucement. L’individu se glissa tel un spectre en dehors des bosquets qui longeaient la rive de la Nabia. Son pas était léger et il n’émettait aucun son. Il était une ombre, rien de plus, aussi silencieuse, aussi invisible, aussi irréelle… Il se glissa sans un bruit dans l’eau glacée de la rivière et nagea jusqu’à l’embarcation qui dérivait, libre de tout maître.


Indril finit par atteindre la barque et se hissa à bord dans un silence parfait. Il récupéra sa flèche, la nettoya rapidement et la glissa dans son carquois. Un splendide arc elfique était noué en travers de son dos. Puis il noua une lourde caisse trouvée dans l’embarcation au cadavre du serviteur du Temple et le laissa glisser dans l’eau. Ainsi, nul ne le reverrait jamais car la Nabia n’était jamais à sec, surtout à une si courte distance de l’estuaire.



La barque continuait de dériver comme un débris de bois au milieu de la rivière. Indril se pencha vers le colis qu’il cherchait.

Soudain, ses yeux brillèrent davantage. Il se retourna vivement et parcouru du regard le paysage qui l’entourait. Il était absolument seul... L’appel venait de plus loin…

Il vérifia un instant le contenu du sac qu’avait porté sa victime, puis se glissa à nouveau dans l’eau pour rejoindre la rive occidentale de la Nabia. Arrivé sur la rive, il s’assit un moment et ferma les yeux. Puis, comme il se concentrait, il tendit son esprit loin vers l’Est d’où lui semblait être venu l’appel. Intérieurement, il se mêla à chaque arbre, chaque plante, chaque animal à une vitesse que seul l’esprit peut atteindre. Puis il entendit à nouveau l’appel de façon plus nette. Il s’en approcha encore…

Soudain il ouvrit les yeux.

Un instant il resta immobile. Ses pupilles brillaient d’une lueur étrange mais fascinante. Puis il se leva, noua le colis à sa ceinture et se précipita vers l’Est, sans un bruit. Il avait parcouru quelques mètres, quand les nuages voilèrent la lumière des astres. Au même instant, il disparu sans laisser une trace de son passage.

Au loin, le cri d’un rapace déchira le silence oppressant de la nuit.


* * *

Le cheval allait à plein galop sur la route qui menait d’Aldruhn à Maar Gan. Son cavalier avait les traits tirés, il était vraisemblablement épuisé. La poussière qui couvrait son vêtement trahissait un long voyage. La nuit était tombée et il était dangereux de galoper à cette vitesse sur le terrain accidenté qui entourait Bal Isra. Mais il ne voulait pas laisser un instant de repos à sa monture qui renâclait à continuer à une telle allure. Les oiseaux nocturnes s’éloignaient vivement à son passage. Les battements répétitifs du galop s’accordaient au battement du cœur du cavalier. Ses tempes tambourinaient et sa vue se troublait fréquemment.



Soudain, loin derrière lui, apparut un nuage de poussière. Il ne pouvait s’agir que de cavaliers. Le prêtre se retourna pour évaluer la distance qui le séparait de ses poursuivants : trop courte à son goût ! Vu la quantité de poussière soulevée, ils devaient être au moins une bonne demi-douzaine. Son visage devint un peu plus blême mais il talonna à nouveau sa monture. Il ne fallait pas qu’ils le rattrapent.



En effet, les jours précédents, il avait gagné le Nord de l’île et rencontré une des tribus cendraises. Il avait obtenu de la sage-femme de leur clan des informations précieuses concernant la légende de Nérévar et de la promesse de sa réincarnation. Mais pour cela, il était passible de mort. Il devait à tout prix semer ses poursuivants et rejoindre ses confrères.
Ils ne cessaient de se rapprocher. Le prêtre dissident était épuisé et sa monture écumait, trahissant ainsi un état de fatigue qui pouvait leur coûter la vie. Il se retourna désespéré et aperçu nettement les cinq cavaliers, cinq ordonnateurs du Temple. Ils l’avaient pris en chasse depuis la sortie d’Aldruhn et n’avaient jamais perdu de terrain depuis. Il fallait s’y résigner. Ils allaient le rattraper et le torturer jusqu’à ce qu’il trahisse les siens ou jusqu’à ce qu’il meurre.



Mais comme il se résignait et commençait à lâcher la bride de son étalon, il se passa quelque chose d’inexplicable. Les cavaliers lancés à sa poursuite quelques instants plus tôt n’étaient plus à ses trousses. Le nuage de poussière lui-même commençait à se dissiper, révélant leur arrêt. Qu’est-ce qui avait pu les pousser à renoncer ? Ils étaient pourtant prêts à tout pour lui mettre la main dessus !



Cependant, la nécessité fut plus grande que la curiosité et le prêtre dissident relança sa monture sur le chemin de Maar Gan.


* * *


Les chevaux des ordonnateurs étaient lancés à plein galop. Ils ne cessaient de se rapprocher de leur proie. Le prêtre dissident ne tarderait pas à payer sa trahison envers le Temple. Les ordres avaient étaient clairement énoncés : « Vivant si possible, mais mort conviendra » ! Aussi talonnaient-ils ardemment leurs montures, conscients de l’importance de faire disparaître le traître. Ils gagnaient du terrain et pouvaient maintenant apercevoir le cavalier. Ils dégainèrent leurs sabres dans un même mouvement et tinrent leurs lames vers le ciel étoilé : Il était à eux !



Soudain, une flèche vint se planter dans la gorge d’un des ordonnateurs qui s’écroula sans vie. Au même moment, un cavalier surgit de nulle part et se planta sur la route, entre eux et leur proie. Son cheval se cabra en hennissant bruyamment. Ils tirèrent violemment sur leurs rênes pour ne pas entrer en collision, mais lui resta immobile, ne détournant pas son regard. Il était vêtu entièrement de vêtements de voyage et portait un long manteau de cuir sombre. Ses yeux étaient dissimulés dans l’ombre de son capuchon. Cependant ils pouvaient distinguer la sueur sur son visage. Il avait participé à la course sans même se faire repérer ! Dans sa main se tenait l’arc qui venait de chanter.



Le chef des ordonnateurs hurla de rage à sa vue et chargea son nouvel adversaire. Ses hommes se lancèrent à sa suite le sabre au clair. L’individu ne bougea pas.



Soudain, il releva la tête et ses yeux brillèrent non pas à la lueur de leurs torches, mais à la lueur des deux lunes. Son cheval fit un écart et de son manteau sortit une épée étincelante. Il la brandit et s’élança à l’encontre du maître de la charge.



Les lames s’entrechoquèrent violemment et le chef des ordonnateurs fut propulsé avec une facilité déconcertante à terre. Déjà l’épée tournoyait à nouveau, déviant le second coup et transperçant le cœur du troisième cavalier. Le dernier s’arrêta net, hésitant…



Mais l’inconnu n’hésita pas et en un instant, il était sur lui. Les armes s’entrechoquèrent avec force et l’ordonnateur ne réussi à esquiver que maladroitement les deux premiers coups. Le troisième vint du poignard que son adversaire dissimulait habilement jusqu’à présent. La lame s’enfonça dans le flan du gardien du Temple sans qu’il ne comprenne ce qui arrivait. Mais déjà le dernier cavalier revenait sur l'étrange guerrier avec une rage renouvelée pendant que son chef se relevait difficilement de sa chute. Sans hésiter, l’individu lança habilement son poignard vers son agresseur. Ce dernier esquiva le jet avec dextérité. Mais, il ne vit pas venir le coup d’estoc qui le suivait... Il s’écroula à son tour….



Il ne restait plus que le guerrier à cheval et le chef des ordonnateurs à pied. Ils se toisèrent un moment… L’inconnu descendit avec souplesse de sa monture et se dirigea d’un pas déterminé vers son dernier adversaire. Le combat fut bref car le gardien du Temple s’était blessé dans sa chute. Pourtant, il vendit cher sa peau et repoussa un moment les assauts de son adversaire. Mais son ardeur le poussa à baisser sa garde pour se fendre, ce qui lui valut de perdre la vie. Il s’effondra sur le sol, aux pieds d'un "étranger". Tout s’était passé si vite…Il ne saurait jamais qui était ce nouvel adversaire du Temple…



* * *

Daevar rengaina son épée et contempla le carnage. Une lueur de regret passa dans ses yeux, mais il ne s’y attarda pas. Il entreprit soigneusement de dissimuler les cadavres et libéra un par un les chevaux de leurs harnachements. Puis il les calma et les renvoya à la nature.

Il rappelait sa monture et allait reprendre la route lorsque ses yeux se mirent soudain à briller étrangement. Il les ferma et tendit son esprit….

…Il les rouvrit au bout d’un instant et regarda longuement la direction dans laquelle le prêtre dissident avait disparu. Puis il détourna résolument sa monture vers l’Est. On venait de le rappeler…



* * *

Tylis ouvrit soudainement les yeux….


Ils brillaient d’une manière étrange, comme cela se produisait pour ses frères de race chaque fois qu’ils communiquaient entre eux. Cela ne lui était pas arrivé depuis bien longtemps… Mais cette nuit là, l’appel paraissait différent. Il avait été lancé par un esprit puissant pour l’ensemble de son Ordre. Tylis n’avait pas souvenir d’en avoir déjà perçu un si puissant. Quelque chose de grave se tramait…


Il se redressa calmement et regarda autour de lui. La caravane de Carsius Closus avait établit son campement non loin de Pélagiad. Tout le monde dormait mis à part deux gardes. Jiub était l’un d’eux. A part le doux crépitement du feu que l’on avait ravivé récemment, tout était silencieux. Tylis fixa son regard sur les flammes et se concentra…



Il ferma les yeux et laissa son esprit s’étendre et prendre conscience de la vie qui circulait dans chaque être vivant qui l’entourait. Puis il étendit davantage sa perception. D’être vivant en être vivant, son esprit parcourait à toute vitesse les lignes de la vie, pour se rapprocher de l’Appel. Enfin, il l’entendit clairement, puissant et vibrant. Il s’élevait de l’Est, loin vers l’Est, au pays du soleil levant, au pays de l’Aube d’Azura. Comme un souffle puissant, une voix clamait :


« Sous les monts de l’Ecarlate, une ombre s’éveille. Mais le temps n’est pas encore venu pour Nérévar de revenir achever ce qu’il avait commencé. Aussi le pouvoir de l’Aube et du Crépuscule est-il mandé pour accomplir ce à quoi je l’ai toujours destiné….
… Ne craignez rien, je veille sur vous »







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