[Livre] Traité sur le Mythe de la Création chez les Wyrmers

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[Livre] Traité sur le Mythe de la Création chez les Wyrmers

Message par OraNN le Lun 17 Avr - 16:33

Traité sur le Mythe de la Création chez les Wyrmers

Par Stapheb Drepayima

Je me suis attaché ici à retranscrire le mythe de la Création tel qu'il s'est transmis le plus souvent par voix orale. Je reviendrai plus en détails sur les implications qu'il a eues et qu'il a encore dans la société, même au travers de la religion actuelle, et dans la façon dont les Wyrmers se perçoivent au sein du monde. Voici le récit:

"Au commencement, quatres esprits se partageaient l'univers: l'esprit de kré, le feu, l'esprit de maer, la terre, l'esprit de palt, l'eau, et l'esprit de loke, le temps. L'univers n'était peuplé que de ces quatres esprits qui vivaient en paix. Cependant, l'univers était vaste et les quatres esprits se trouvèrent vite seuls. Ils décidèrent alors d'enfanter de nouveaux esprits. Le premier, le feu, créa l'esprit du soleil et des étoiles qui inondèrent l'univers de leur chaleur. L'esprit de la terre créa Kédizis et les esprits des îles pour que les autres puissent venir s'y reposer. L'esprit de l'eau créa l'okam, la mer qui vînt inonder une partie de Kédizis pour la rafraîchir. Enfin, l'esprit du temps créa l'air, chargé d'envelopper Kédizis d'un manteau protecteur et qui, par ses fluctuations, engendra les saisons. Toutes ses créations se mirent en mouvement et dansèrent au sein d'une grande ronde dans l'univers.

Un jour, l'hiver, comme après chaque automne, arriva. Mais il fut plus rude et plus long que les précédents, Kédizis et les îles prirent froid, particulièrement lors des longues nuits d'hiver. Alors, le printemps revenu, les esprits des îles se concertèrent et décidèrent de créer l'esprit des herbes pour se vêtir d'un manteau doux et vert. Ainsi fut créé les esprits des herbes qui habitent nos plaines.

Un jour, l'été, comme après chaque printemps, arriva. Mais il fut plus chaud et plus sec que les précédents. Les esprits des îles et des herbes, malgré la proximité de l'okam, souffrirent de la chaleur et, quand l'automne fut revenu, les esprits se réunirent et décidèrent de créer l'esprit des plantes et des arbres pour qu'au prochain été, l'ombre fraiche puisse les abriter. Ainsi furent créés les esprits des plantes et des arbres qui peuplent nos contrées.

Un jour, le printemps, comme après chaque hiver, arriva. Le renouveau du climat, plus doux et plus propice, n'était encore célébré que par les bourgeons verts, annonçant les futures feuilles des arbres de l'été. Mais les esprits qui avaient la tête à la fête, décidèrent de célébrer encore plus le retour des beaux jours. Ils se rasssemblèrent et créèrent les esprits des fleurs pour parfumer et embellir les îles et Kédizis. Ainsi furent créés les esprits des fleurs qui habillent nos collines.

Un jour, l'automne, comme après chaque été, arriva. Le vent plus frais vint caresser les esprits et ceux-ci se réunirent pour trouver un moyen d'adoucir quelque peu ce froid nouveau. Ils créèrent alors les esprits des montagnes, véritables murailles qui freinaient la poussée de l'esprit du vent. Ainsi furent créés les esprits des montagnes qui façonnent nos îles.

Le monde fut alors peuplé des esprits de l'okam, des îles, des herbes, des plantes et des arbres, des fleurs et des montagnes. Et le monde était en équilibre. Les esprit continuèrent ainsi pendant longtemps leur longue farandole enchantée.

Un jour cependant, l'esprit des montagnes fut soudain surpris par une démangeaison. Le vent, à force de le contourner, l'avait erraflé sur une de ses pentes. Les autres esprits s'inquiétèrent et se montrèrent solidaires de la montagne mais nul ne put l'aider et pour cause, aucun des esprits, ni les herbes, ni les arbres, ni les plantes, ni les fleurs, ne purent se déplacer pour aller soulager les démangeaisons de la montagne. Les esprits se réunirent donc et ils décidèrent de créer les animaux, libres de leurs mouvements, pour aller soulager la montagne. Mais pour la première fois, un esprit ne fut pas d'accord avec cette décision. L'esprit de l'okam en effet, argua que les animaux allaient se mouvoir en elle, alors que les esprits des îles et de la flore n'auraient qu'à subir leurs pas. Mais la montagne souffrait tant que les esprits n'écoutèrent pas l'okam. Ainsi furent créé les animaux qui vivent sur nos terres et dans la mer.

Le monde fut alors peuplé de tous ces esprits nouveaux et anciens qui cohabitèrent sur les îles, sur Kédizis et dans l'okam. Cependant, l'esprit de la mer n'était pas satisfait de la situation et il mit en garde les autres esprits en leur affirmant que les esprits des animaux, même s'ils n'étaient pas mauvais, ne pourraient s'entendre et qu'il y aurait des problèmes sous peu. Les autres esprits, en particulier la montagne, n'apprécièrent guère ces remarques et n'y firent pas attention. Pourtant, bien vite, les prévisions de l'okam s'avérèrent exactes car les animaux se disputèrent bien vite entre eux et avec les autres esprits car il fallait qu'ils se nourissent. Les choses empirèrent bien vite et tous les esprits se rassemblèrent de nouveau pour trouver une solution. Les débats durèrent très longtemps avant qu'un compromis, et non pas un accord commun, soit trouvé. Une hiérarchie dut être établie pour savoir qui pourrait, dans les limites du raisonnable, manger qui. Les esprits des îles insistèrent pour introduire un nouvel esprit, un esprit qui pourrait se mouvoir et qui aurait la capacité de comprendre le nouvel équilibre et surtout de le maintenir et de le faire respecter par les esprits des animaux. Ainsi furent créer les Wyrmers, les enfants des îles.

Après ce jour, les esprits n'eurent plus besoin de se réunir et c'est ainsi que commença l'histoire du peuples des îles."

Ce mythe est extrémement révélateur de la pensée et de la culture du peuple wyrmer. En effet, on peut apercevoir la définition du bien et du mal. Dans ce texte, tout tourne autour de l'équilibre. L'équilibre d'abord dans les esprits de la nature, qui s'est maintenu jusqu'au désaccord de l'esprit de l'okam et la création des animaux. Enfin l'équilibre est le soin des wyrmers qui doivent le maintenir dans la nature. Les Wyrmers réprésentent donc le bien, et tout ce qui peut nuir à l'équilibre du monde est présenté comme le mal. De même, les wyrmers, s'ils sont les arbitres de l'équilibre, ne sont pas présentés comme les maîtres du monde. Les esprits ne les ont pas placés au sommet de la hiérarchie. Des puissances au combien supérieures demeurent.

Ces puissances supérieures sont d'abord les quatres esprits créateurs qui n'interviennent directement que dans la toute première partie du récit. Ce sont les esprits fondateurs de tous les autres. Mais les Wyrmers ne s'en réclamment pas directement. Ce ne sont pas leurs enfants ce qui constituent de leur part une marque de modestie. Les éléments fondamentaux sont pour les Wyrmers le feu, la terre, l'eau et le temps, ce qui est relativement courant dans les différentes coutumes de Tamriel.

Un autre élément qui me parait important est la méfiance qui ressort de ce texte vis à vis de l'okam, la mer. En effet, celle-ci s'offusque de la naissance des esprits des animaux. La mer ne supporte pas que les animaux pénètrent en son sein. On peut relier cela au fait que les Wyrmers n'aiment pas la mer, ou du moins, essayent de la fréquenter le moins possible. Ils estiment même que le sillage des navires symbolisent la plaie que l'on inflige à l'esprit de l'okam. Ce sont les enfants des îles, non pas de la mer. Ce qui explique pour une large part qu'ils aient préféré ne pas la franchir pour partir explorer le monde ou tout simplement coloniser d'autres îles de l'Archipel. De plus, de part la blessure de la montagne, à laquelle la mer refusait la solution la plus efficace, les Wyrmers définissent ainsi l'opposition principale mer/montagne.

La relation de ce texte et de la religion actuelle des wyrmers est extrémement importante. Dans ce texte fondamental, aucun dieu n'intervient. Il n'est pas question de puissance divine mais simplement d'esprits qui peuplent la moindre chose sur nirn. Cela est fondamentalement différent et prépare en quelques sortes l'avènement d'une philosophie-religion qui naîtra des héros de la guerre contre les nordiques. Ce texte n'est donc pas caduque, beaucoup de Wyrmer continuent à le croire et surtout, chose révélatrice, à le transmettre. Pourtant ce texte n'est plus capable d'expliquer le monde dans son ensemble aujourd'hui. En effet, ni l'existence, ni la venue des Nordiques puis des Impériaux n'est racontée ici et il s'agit bien d'un manque crucial, car ces éléments expliquent en partie l'évolution de la société Wyrmer, aujourd'hui déchirée d'une part entre son mode de vie ancestral, et l'acculturation avec Tamriel.
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Re: [Livre] Traité sur le Mythe de la Création chez les Wyrmers

Message par tiaremoana le Jeu 4 Mai - 14:26

Voilà j'ai fini celui ci

Traité sur le Mythe de la Création chez les Wyrmers

Par Stapheb Drepayima

Je me suis attaché ici à retranscrire le mythe de la Création tel qu'il s'est transmis le plus souvent par voix orale. Je reviendrai plus en détails sur les implications qu'il a eues et qu'il a encore dans la société, même au travers de la religion actuelle, et dans la façon dont les Wyrmers se perçoivent au sein du monde. Voici le récit:

"Au commencement, quatre esprits se partageaient l'univers: l'esprit de Kré, le feu, l'esprit de Maer, la terre, l'esprit de Palt, l'eau, et l'esprit de Loke, le temps. L'univers n'était peuplé que de ces quatre esprits qui vivaient en paix. Cependant, l'univers était vaste et les quatre esprits se trouvèrent vite seuls. Ils décidèrent alors d'enfanter de nouveaux esprits. Le premier, le feu, créa l'esprit du soleil et des étoiles qui inondèrent l'univers de leur chaleur. L'esprit de la terre créa Kédizis et les esprits des îles pour que les autres puissent venir s'y reposer. L'esprit de l'eau créa l'Okam, la mer qui vînt inonder une partie de Kédizis pour la rafraîchir. Enfin, l'esprit du temps créa l'air, chargé d'envelopper Kédizis d'un manteau protecteur et qui, par ses fluctuations, engendra les saisons. Toutes ces créations se mirent en mouvement et dansèrent au sein d'une grande ronde dans l'univers.

Un jour, l'hiver, comme après chaque automne, arriva. Mais il fut plus rude et plus long que les précédents, Kédizis et les îles prirent froid, particulièrement lors des longues nuits d'hiver. Alors, le printemps revenu, les esprits des îles se concertèrent et décidèrent de créer les esprits des herbes pour se vêtir d'un manteau doux et vert.
Ainsi furent créés les esprits des herbes qui habitent nos plaines.

Un jour, l'été, comme après chaque printemps, arriva. Mais il fut plus chaud et plus sec que les précédents. Les esprits des îles et des herbes, malgré la proximité de l'Okam, souffrirent de la chaleur et, quand l'automne fut revenu, les esprits se réunirent et décidèrent de créer les esprits des plantes et des arbres pour qu'au prochain été, l'ombre fraiche puisse les abriter. Ainsi furent créés les esprits des plantes et des arbres qui peuplent nos contrées.

Un jour, le printemps, comme après chaque hiver, arriva. Le renouveau du climat, plus doux et plus propice, n'était encore célébré que par les bourgeons verts, annonçant les futures feuilles des arbres de l'été. Mais les esprits qui avaient la tête à la fête, décidèrent de célébrer encore plus le retour des beaux jours. Ils se rasssemblèrent et créèrent les esprits des fleurs pour parfumer et embellir les îles et Kédizis.
Ainsi furent créés les esprits des fleurs qui habillent nos collines.

Un jour, l'automne, comme après chaque été, arriva. Le vent plus frais vint caresser les esprits et ceux-ci se réunirent pour trouver un moyen d'adoucir quelque peu ce froid nouveau. Ils créèrent alors les esprits des montagnes, véritables murailles qui freinaient la poussée de l'esprit du vent.
Ainsi furent créés les esprits des montagnes qui façonnent nos îles.

Le monde fut alors peuplé des esprits de l'Okam, des îles, des herbes, des plantes et des arbres, des fleurs et des montagnes. Et le monde était en équilibre. Les esprits continuèrent ainsi pendant longtemps leur longue farandole enchantée.

Un jour cependant, l'esprit des montagnes fut soudain surpris par une démangeaison. Le vent, à force de le contourner, l'avait éraflé sur une de ses pentes. les autres esprits s'inquiétèrent et se montrèrent solidaires de la montagne mais nul ne put l'aider et pour cause, aucun des esprits, ni les herbes, ni les arbres, ni les plantes, ni les fleurs, ne purent se déplacer pour aller soulager les démangeaisons de la montagne. Les esprits se réunirent donc et ils décidèrent de créer les animaux, libres de leurs mouvements, pour aller soulager la montagne. Mais pour la première fois, un esprit ne fut pas d'accord avec cette décision. L'esprit de l'Okam en effet, argua que les animaux allaient se mouvoir en elle, alors que les esprits des îles et de la flore n'auraient qu'à subir leurs pas. Mais la montagne souffrait tant que les esprits n'écoutèrent pas l'Okam. Ainsi furent créé les animaux qui vivent sur nos terres et dans la mer.

Le monde fut alors peuplé de tous ces esprits nouveaux et anciens qui cohabitèrent sur les îles, sur Kédizis et dans l'Okam. Cependant, l'esprit de la mer n'était pas satisfait de la situation et il mit en garde les autres esprits en leur affirmant que les esprits des animaux, même s'ils n'étaient pas mauvais, ne pourraient s'entendre et qu'il y aurait des problèmes sous peu. Les autres esprits, en particulier la montagne, n'apprécièrent guère ces remarques et n'y firent pas attention. Pourtant, bien vite, les prévisions de l'Okam s'avérèrent exactes car les animaux se disputèrent bien vite entre eux et avec les autres esprits car il fallait qu'ils se nourrissent. Les choses empirèrent bien vite et tous les esprits se rassemblèrent de nouveau pour trouver une solution. Les débats durèrent très longtemps avant qu'un compromis, et non pas un accord commun, ne soit trouvé. Une hiérarchie dut être établie pour savoir qui pourrait, dans les limites du raisonnable, manger qui. Les esprits des îles insistèrent pour introduire un nouvel esprit, un esprit qui pourrait se mouvoir et qui aurait la capacité de comprendre le nouvel équilibre et surtout de le maintenir et de le faire respecter par les esprits des animaux. Ainsi furent créer les Wyrmers, les enfants des îles.

Après ce jour, les esprits n'eurent plus besoin de se réunir et c'est ainsi que commença l'histoire du peuples des îles."

Ce mythe est extrêmement révélateur de la pensée et de la culture du peuple Wyrmer. En effet, on peut apercevoir la définition du bien et du mal. Dans ce texte, tout tourne autour de l'équilibre. L'équilibre d'abord dans les esprits de la nature, qui s'est maintenu jusqu'au désaccord de l'esprit de l'Okam et la création des animaux. Enfin l'équilibre est le soin des Wyrmers qui doivent le maintenir dans la nature. Les Wyrmers représentent donc le bien, et tout ce qui peut nuire à l'équilibre du monde est présenté comme le mal. De même, les Wyrmers, s'ils sont les arbitres de l'équilibre, ne sont pas présentés comme les maîtres du monde. Les esprits ne les ont pas placés au sommet de la hiérarchie. Des puissances oh combien supérieures demeurent.

Ces puissances supérieures sont d'abord les quatre esprits créateurs qui n'interviennent directement que dans la toute première partie du récit. Ce sont les esprits fondateurs de tous les autres. Mais les Wyrmers ne s'en réclament pas directement. Ce ne sont pas leurs enfants ce qui constitue de leur part une marque de modestie. Les éléments fondamentaux sont pour les Wyrmers le feu, la terre, l'eau et le temps, ce qui est relativement courant dans les différentes coutumes de Tamriel.

Un autre élément qui me parait important est la méfiance qui ressort de ce texte vis à vis de l'Okam, la mer. En effet, celle-ci s'offusque de la naissance des esprits des animaux. La mer ne supporte pas que les animaux pénètrent en son sein. On peut relier cela au fait que les Wyrmers n'aiment pas la mer, ou du moins, essayent de la fréquenter le moins possible.
Ils estiment même que le sillage des navires symbolisent la plaie que l'on inflige à l'esprit de l'Okam. Ce sont les enfants des îles, non pas de la mer. Ce qui explique pour une large part qu'ils aient préféré ne pas la franchir pour partir explorer le monde ou tout simplement coloniser d'autres îles de l'Archipel. De plus, de par la blessure de la montagne, à laquelle la mer refusait la solution la plus efficace, les Wyrmers définissent ainsi l'opposition principale mer/montagne.

La relation de ce texte et de la religion actuelle des Wyrmers est extrêmement importante. Dans ce texte fondamental, aucun Dieu n'intervient. Il n'est pas question de puissance divine mais simplement d'esprits qui peuplent la moindre chose sur nirn. Cela est fondamentalement différent et prépare en quelques sortes l'avènement d'une philosophie-religion qui naîtra des héros de la guerre contre les nordiques. Ce texte n'est donc pas caduc, beaucoup de Wyrmers continuent à le croire et surtout, chose révélatrice, à le transmettre. Pourtant ce texte n'est plus capable d'expliquer le monde dans son ensemble aujourd'hui. En effet, ni l'existence, ni la venue des Nordiques puis des Impériaux n'est racontée ici et il s'agit bien d'un manque crucial, car ces éléments expliquent en partie l'évolution de la société Wyrmer, aujourd'hui déchirée d'une part entre son mode de vie ancestral, et l'acculturation avec Tamriel.
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